samedi 31 mars 2018

Vanité des vanités

Hier en descendant un escalier, je salue deux stagiaires qui eux montaient. L'un d'eux me répond "bonjour Mademoiselle".
A mon âge et de la part d'un garçon qui pourrait sans doute être mon fils, je dois avouer que ça chatouille l'ego. A moins que, surpris de me voir en levant la tête, il n'ait trouvé que cela à dire ?
Quoi qu'il en soit, je biche.

jeudi 29 mars 2018

Le "team debuilding" : définition

Vous savez combien je me délecte de la "novlangue" qui sévit dans nos entreprises. Toutes ces roadmaps qu'on envoie ASAP FYI au risque d'être overbookés...
Mais quand même, mon métier c'est d'innover donc après le corporate hacking je vous ai proposé le corporate napping pratiqué -comme j'en ai la preuve en image sur mon portable- avec masque, casque et oreiller de voyage par mon voisin d'open space.
Et voici que Raoul (vous vous rappelez de ma soeur...) vient elle-même d'illustrer brillamment la notion d'engagement (au service du sacro-saint Corporate, s'entend) et de dépassement de soi avec un tout nouveau concept : le "team debuilding".
Pour ceux qui ont réussi à passer à côté, le team building "consiste à planifier des activités ludiques dans le but de créer ou de favoriser les compétences groupales. Il permet donc de renforcer ou d'améliorer la cohésion d'équipe" selon Internet, source de toute connaissance. Exemple : affubler les "collaborateurs" de grosses bulles en plastique pour les faire jouer à la baballe.
Raoul, qui vous explique le secret de sa forme comme Churchill par un laconique "no sport", était bien décidée à encourager les bulles depuis le banc de touche. Mais son manager ne l'entendait pas ainsi et, voulant "améliorer la cohésion de son équipe" a considérablement affaibli celle de ma soeur en lui imposant de participer. En effet, un collègue faisant deux fois sa taille et son poids a trouvé opportun de lui foncer dessus comme si son avancement en dépendait : entorse de la cheville, rupture du ligament, fracture du tibia...
Le "team debuilding", c'est donc "imposer des activités ludiques dans le but de foutre durablement le bordel dans l'organisation du travail, car il permet de renforcer ou d'améliorer l'usage des béquilles, des radiographies, des scanners, de la ré-éducation et des arrêts de travail ainsi que l'image désastreuse auprès de leurs équipes des managers autoritaires et dénués d'empathie qui peuplent les comités de direction."

Grèves des transports : mode d'emploi

L'agence de voyages qui gère (le mot est fort...) nos déplacements professionnels nous adresse ce jour un message intitulé "grèves des transports : mode d'emploi". Alléché par ce titre percutant, je l'ouvre avec enthousiasme, déjà reconnaissant à l'idée de découvrir comment sauver ma vie (ou au moins ma journée de travail et ma tranquillité d'esprit) en ces périodes troublées.
Cela démarre très fort avec un brillant :
"Reportez votre voyage en dehors des dates de grève."
Tiens, je suis con, je n'y avais pas pensé. En fait il suffit de dire à son chef "ben non, le salon professionnel de l'année, celui qui se tient cette semaine à Paris et durant lequel j'ai calé trente rendez-vous sur deux jours et ben moi, je préfère y aller la semaine suivante..." Pour faire passer la pilule, relisez l'un de mes messages précédents et dites-lui sans sourciller que c'est du corporate hacking.
Cela continue avec un énigmatique :
"Changez de réflexe."
Alors là, ha ha... on se dit qu'on va apprendre un truc quand même ! Mais non, à la ligne suivante est écrit "comme expliqué précédemment, contacter les fournisseurs directement peut s'avérer plus rapide dans certains cas" suivi d'un lien vers les services de la SNCF et d'Air France. Une façon très élégante, vous l'avouerez, de dire  : "on vous l'a déjà dit, pas la peine de nous appeler, on est saturés, on peut rien faire pour vous sans compter qu'on S'EN FOUT de vos problèmes..."
Le voyagiste vous propose ensuite d'activer les alertes de son application mobile et de rester connectés en explorant Google (sic). Mais oui, c'est bien connu, la solution à tous nos problèmes quotidiens tient dans un smartphone qui lui tient dans le creux de la main et c'est une "appli".
Pour finir, le dernier conseil est :
"Faites le plein d'ondes positives" car "voyager c'est aussi adopter la bonne attitude que requiert chaque situation" et de conclure par une proposition de pratiquer le "bleisure" (c'est-à-dire de combiner Business et LEISURE donc travail et loisirs pour ceux qui understandent pas trop l'Anglais), en allant visiter un musée ou se taper la cloche au restau.
Il est vrai, pour m'être trouvé en rade sans hôtel à Berlin ou sans avion à Belfast grâce à ladite agence de voyages, que faire le plein d'ondes positives est indispensable quand on a affaire à pareilles niquedouilles... C'est quoi l'appli pour faire ça ?

mardi 27 mars 2018

A votre avis ?

"La grenouille, c'est de la viande ou du poisson ?"
Telle était l'épineuse question posée hier soir par une collègue à une autre. Quand elles en sont arrivées à la philogénétique, j'ai courageusement reconnu mon incompétence et me suis sauvé chez moi.
Il faudrait quand même que je les croise aujourd'hui pour connaître le résultat de la discussion, non ?

vendredi 23 mars 2018

Joli !

Nous devons la phrase du jour à mon collègue et néanmoins excellent camarade Laurent qui, à propos d'un manager de transition récemment arrivé, nous a splendidement résumé la situation par : "il est parti pour rester".
Sobre, mais efficace.

mercredi 21 mars 2018

Allôôôô

En matière de téléphone portable, j'ai longtemps fait de la résistance. C'est mon côté snob : je trouvais chic de ne pas en avoir quand tous les moutons blancs (pfff) se ruaient dessus. En 2000, entre deux postes, j'ai dû céder. Une consultante en recrutement m'avait assassiné d'un très condescendant "ah bon, vous n'avez pas de portable..."
Dix-huit ans déjà. Et je n'étais donc pas un précurseur...
Dix-huit ans que la bête (et mêmes LES bêtes puisque j'en promène en fait obstinément deux désormais : le mien et celui dont m'affublent mes employeurs successifs) m'accompagne en réunions, en rendez-vous, en colloques et autres séminaires... J'ai largement eu le temps de trouver la fonction vibreur et il ne doit guère y avoir plus d'une dizaine de jours dans l'année où, pour une circonstance exceptionnelle, je bascule sur la sonnerie.
C'est pourquoi je ne comprendrai jamais la raison pour laquelle on ne peut assister à une conférence sans que ne sonne le portable d'un quidam. J'ai assisté sur les deux derniers jours à six conférences de trente minutes chacune : j'ai entendu trois fois des téléphones sonner.
Il y a ceux qui, frénétiquement, cherchent à neutraliser l'importun. Il y a les autres, qui ne bougent pas d'un cil et font comme si ce n'était pas le leur. Si vous appartenez à cette catégorie, bien sûr il faut judicieusement vous asseoir au milieu d'autres auditeurs et non tout seul sur un rang, afin que le doute soit permis quant à l'identité du fauteur de trouble.
Plus de vingt-cinq ans après le lancement d'Itinéris par France Télécom, ce type d'oubli, qu'il soit volontaire ou non, reste pour moi une énigme.

mardi 20 mars 2018

Je nous trouve très beaux

Pour se faire tirer le portrait, certains se mettent sur leur 31 et filent chez le photographe.
Moi, je suis allé chez le pâtissier. D'ailleurs je vais vous donner son nom car il nous a bien réussis, le loup et moi : il s'agit de Délices des Sens. Nous sommes à croquer, non ?