jeudi 27 juillet 2017

Finalement, je ne suis pas si mal en photo
















Je suis en photo dans la cathédrale de Die, mais oui ! La photo s'accompagne de cette légende : "le mouton noir est souvent rejeté, alors qu'il est une bénédiction pour le berger, car sa laine pourra faire de jolis motifs sur le tapis qui sans elle serait resté uni et sans contraste".
On ne saurait mieux dire, n'est-ce pas ? Merci à mon ami le dresseur de puces qui, m'envoyant ce cliché, m'a rappelé très opportunément et gentiment que sans moi, votre vie serait unie et sans contraste. Rien que ça.

lundi 10 juillet 2017

J'ai reçu un mail

J'ai reçu un mail du "leader français de l'open innovation industrielle et des talents à la demande". J'imagine qu'il s'est auto-proclamé comme tel, soit dit en passant. Dans ce mail, "l'enchanteur" (un autre de ses titres) me propose d'assister à son prochain "raout" et précise comme lieu "Paris post-apocalyptique" et comme ambiance "dans l’œil du maelström".
J'aime bien cette idée d'aller fourrer mon doigt dans l'eau post-apocalyptique, pas vous ?
Dire que ce type se fait un fric dingue grâce aux innombrables crédules qui achètent à prix d'or son charabia post-fantastique sans même avoir comme excuse de fumer la moquette épaisse de leurs bureaux directoriaux.

mercredi 5 juillet 2017

La stagiaire, l'assistante et les joies de l'open space

Notre "département" en sciences humaines (dont le véritable nom est Fantine) s'est récemment enrichi d'une stagiaire (ce qui double donc les effectifs : et après ça on dira que la boîte n'a pas les moyens de ses ambitions, quelle mesquinerie). La demoiselle fait des études de philosophie et Fantine m'avait prévenu avant son arrivée "tu vas voir, elle est un peu spéciale".
Hier par exemple, dans le studieux silence de l'open space, elle a subitement poussé un cri étrange, quelque chose entre un soupir et un long sifflement. Nous avons cru que quelqu'un était en danger imminent, ou qu'elle venait de recevoir une demande en mariage de l'héritier d'une cour européenne... enfin bref, nous nous sommes instantanément immobilisés, lâchant qui sa souris, qui son stylo et quatre paires d'yeux se sont braquées sur elle. C'est alors, voyant que nous attendions la suite, qu'elle a dit "je viens de découvrir qu'on pouvait avoir un chat en coloc' !"
J'en parlais ce matin avant son arrivée avec mon voisin de bureau. Je m'interroge toujours quant à moi sur la nature exacte de sa "spécialité" si je puis dire, voyant bien qu'il y a quelque chose de décalé chez elle mais ne saisissant pas vraiment quoi. Mon voisin pense que c'est une question d'absence de filtre.
Il faut que j'y réfléchisse. Mais en ce moment même c'est un peu compliqué car l'assistante de direction doit en être à son dixième coup de fil de l'heure pour relater le succès tout frais de son fils au bac (deuxième tentative pour le jeune homme) : "tu te rends compte, il a eu 12 en maths et 14 en physique". C'est comme l'histoire d'Obélix qui est tombé dans la marmite quand il était petit : "on le saura !"

lundi 19 juin 2017

Manger moins ou bouger plus ?

Je lis aujourd'hui sur Internet que "selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 39% de la population mondiale serait en surpoids. La cause principale serait due à un déséquilibre énergétique entre l’apport en calories et leur consommation."
Un déséquilibre énergétique entre l’apport en calories et leur consommation ? Voilà qui sonne aussi dramatique que technique. Mais l'auteure (je la connais, c'est une bille, j'ai dû ré-écrire toute une interview que je lui avais donnée au téléphone, tellement c'était mauvais) aurait pu faire plus simple en citant Souchon : "On est foutus, on mange trop..."
Au fond c'est une bonne nouvelle : pour maigrir il est certes possible de manger moins, mais il y a une alternative, qui consiste à bouger plus !

vendredi 9 juin 2017

Mais que vous reste-t-il ?

Qu'est-ce qui distingue l'homme des autres animaux ?
Les animaux ont un langage (moi par exemple, je suis affreusement bavard). Ils savent utiliser des outils. Ils ont des rites funéraires (je ne parle pas seulement des éléphants). Ils savent se soigner, les singes par exemple cherchent et privilégient certains feuillages lorsqu'ils sont malades. Même le rire ne vous est pas propre : les rats rigolent quand on les chatouille. Vous ne me croyez pas ? Pourtant c'est l'objet d'une publication dans Science due à deux chercheurs allemands.
Je me demande bien, au fond, en quoi vous êtes différents de nous... Ah si ! Je ne connais aucun rat capable d'en payer d'autres pour chatouiller des hommes.

mercredi 7 juin 2017

Atos ou Eros ?

"Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, on aura fait un grand pas en avant dans la marche arrière du progrès social" aurait dit Pierre Dac. On trouve diverses versions de cette citation mais c'est celle-ci qui m'arrange alors hop, je la prends et ne m'embêtez pas avec ça.
Cher Monsieur Dac, ce jour est arrivé et sans doute depuis fort longtemps.
J'en veux pour -nouvelle- preuve qu'une mienne camarade travaillant dans une autre grande entreprise s'est vu refuser l'organisation d'une réunion un 14 février par son prestataire (un "leader international de la transformation digitale" comme il se décrit lui-même) au motif que ce jour-là, les collaborateurs partent plus tôt, Saint Valentin oblige.

mardi 6 juin 2017

Comment noyer le poisson ? Un chapitre essentiel du manuel de survie en entreprise !

"Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson" aurait dit Confucius.
Nous savons également, grâce à Maxime Le Forestier (dont je connais bien mieux l'oeuvre que celle du précédent) tout ce que peut signifier "être né quelque part". Pour ma part, j'ai eu la chance de naître au bon moment et au bon endroit ce qui fait que, si je ne sais pas pêcher, je sais par contre où acheter du poisson et suis en capacité de le faire.
En référence à la pyramide de Maslow, disons que mes besoins physiologiques sont satisfaits. Soyons lucides : mes besoins de sécurité, lesquels sont juste au-dessus des précédents dans la même pyramide, le sont aussi d'une façon générale.
Mais l'entreprise moderne est parfois plus imprévisible, voire dangereuse, que le "général". Si je sais dénicher le poisson, je manque parfois d'astuces pour le noyer. Aussi suis-je enchanté car mon nouveau chef  (je ne sais plus si je vous l'ai dit, mais j'ai changé de chef) a commencé à m'apprendre à noyer le poisson, activité délicate s'il en est mais ô combien utile au siège de mon entreprise.
En l'occurrence, son chef à lui m'avait demandé dans un même message de lui passer une présentation (que je lui avais déjà adressée la semaine précédente mais passons) et mon avis sur une question donnée. D'avis, je n'en avais guère. Non par ignorance, mais par manque d'intérêt pour le sujet ce qui, j'en conviens, n'est pas glorieux. Mon nouveau chef m'a simplement dit d'envoyer la présentation sans répondre à la question. En bon mouton qui broute consciencieusement son pré afin qu'il soit toujours impeccable, je n'en revenais pas de pouvoir ainsi laisser une telle demande en suspens. Mais mon chef m'a dit que j'avais des chances que le demandeur oublie sa demande et n'y revienne pas... Je savais bien que ce serait instructif de travailler avec lui !