Articles

Jusqu'où ne pas aller trop loin ?

Voici à coup sûr une question qui ne se pose pas dans ma boîte actuelle. Je vous rappelle pourtant qu'elle a pour actionnaires deux sociétés plus que centenaires. Autrement dit, on n'a en principe pas affaire à des débutants et pourtant... nous crevons encore une fois le plafond de la bêtise (notez que je reste poli) avec ce nouveau trésor, publié sur les réseaux sociaux par l'un de mes collègues (je n'ose dire "de travail", ma conception de la chose étant radicalement différente de la sienne) : "Chers amis américains et amis traducteurs : connaissez-vous un traducteur américain qui accepte les textes français comme fichiers source ? La direction où je travaille cherche un traducteur amérindien français. Envoyez-moi un message dès que possible si vous connaissez quelqu'un." J'en suis tout défrisé. Déjà la confusion entre "amérindien" et "américain" laisse entendre que les ruses de sioux ne sont pas son fort mais découv...

"Lyon : il braque un salon de coiffure avec un masque COVID-19"

On se lasse de tout, même des perles (du Croco). Certes j'en ai d'autres en rayon, mais je vous avoue que je peine désormais à en rire. Alors que ce titre "Lyon : il braque un salon de coiffure avec un masque COVID-19" relevé à l'instant dans les feuilles de chou numérique (oui, désormais le chou aussi est numérique) me ravit. Il me rappelle l'effet Dunning-Kruger, que m'avait fait découvrir une jeune collègue de ma précédente boîte. Cette théorie a été exposée en 1999 dans le Journal of Personnality and Social Psychology par deux psychologues américains : Dunning et Kruger, donc. Ils avaient été frappés par un fait divers étonnant : un individu s'était employé quatre ans auparavant à dévaliser deux banques sans masque mais la tête enduite de jus de citron (croyant apparemment que le citron le rendrait invisible par les caméras de surveillance)... Bien entendu, le soir même il avait été arrêté. L'effet Dunning-Kruger, aussi appelé (selon l'i...

Le "job à la con" du moment

Une certaine Natasha m'invite au "EuroPack Summit" en septembre au "magnifique" Fairmont Le Montreux Palace à Montreux en Suisse. La proposition est alléchante mais la liste des "speakers" de cette édition 2020 a de quoi refroidir toute velléité de ma part d'y assister . En effet parmi eux s'est glissé un "choco evangelist". Encore un effet de mode qui me défrise la laine. Aujourd'hui, pour peu que votre "job" n'ait aucun fond et que vous aimiez surfer sur les tendances, même les plus débiles, n'hésitez pas : auto-proclamez-vous "evangelist" en franglais dans le texte. Vous ne me croyez pas ? J'ai tapé "evangelist" dans la barre de recherches d'un célèbre réseau social professionnel et je vous livre les premiers résultats : Isabelle est "Directeur Filiale, IoT evangelist" Cédric est "Solution architect, API evangelist" Sébastien est "Business Intelligence ...

Pour changer du Croco, parlons du Président

Vous rappelez-vous que pour ses premiers pas chez nous en novembre dernier, notre Président avait cru utile de préciser dans un mail à tout l'effectif que "la mienne est blanche et toujours bien garée" ? Il parlait de sa voiture, bien sûr. Tout comme au Croco, qui enfile les perles et les poncifs à qui mieux mieux, le confinement ne semble pas nécessairement lui réussir. Tel un nouveau Raël ayant croisé des extraterrestres, il a cru bon de nous envoyer une vidéo où, vêtu d'un pyjama de satin blanc, il enchaîne -très maladroitement d'ailleurs- quelques poses de yoga "Tu vois pas que tu te donnes en spectacle" serait-on tenté de lui dire, après avoir revu une millième fois La Grande vadrouille sans pouvoir s'en lasser. Plus récemment encore, il a présenté aux "managers" du site (dont je fais encore partie bien que le Croco m'ait annoncé dès l'automne dernier la suppression de mon poste) un point sur la situation de l'entreprise...

Les perles du Croco (8)

"La prospection, c'est ce qui amène les clients dans le pipe." Notez ici qu'il s'agit bien sûr du mot anglais pipe (prononcez païpe) qui signifie tuyau et non de la célèbre pipe du commissaire Maigret.

Un micro-climat au bureau

J'ai un collègue étonnant. A dire vrai, j'en ai plein. Rendons donc ici hommage à feu notre RH (promptement remerciée en début d'année, si vous vous en rappelez) pour son étonnante capacité  à constituer une équipe qui perd. De celui-ci je dirai : Qu'il a le même âge et le même prénom que mon grand frère, ce qui le sort irrémédiablement de la catégorie des lapins de trois semaines à qui l'on pourrait accorder des circonstances atténuantes en vertu de leur inexpérience. Qu'il sème ses phrases de "ouais ?" comme le Petit Poucet sème son chemin de cailloux. Depuis que les commerciaux me l'ont fait remarquer, je ne peux l'écouter sans une terrible envie de rire. Qu'il s'est vendu fort cher à l'entreprise, où il a passé six mois à énerver tout le monde et frôler la porte avant d'atterrir mi 2018 dans le service où je suis moi-même arrivé deux semaines plus tard. L'été dernier, comme mon ancien responsable m'en faisait un ...

Les perles du Croco (7)

En dépit de la gravité du moment, ne nous gênons pas : prélassons-nous dans la frivolité en continuant d'enfiler les perles que le Croco sème plus ou moins gracieusement sur son passage. C'est ainsi qu'au début du confinement, il nous a demandé de "brainstormer" sur notre possible contribution innovante pour lutter, que ce soit sur le plan sanitaire ou social, contre de futures crises du même type. La princesse au petit pois dont je vous ai déjà parlé ici faisait partie des gentils contributeurs désignés volontaires pour laisser s'exprimer leur créativité. Si vous vous rappelez bien, elle est russe. Et notre activité relève de la transformation des métaux. La princesse eut donc l'idée sublimement ridicule de nous faire produire "des poupées russes en titane pour amuser les enfants qui doivent rester à la maison". Même le Croco sembla désarçonné, aussi ajouta-t-elle qu'elle ne connaissait aucun enfant insensible aux poupées russes, si amusan...