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Les perles du Croco (2)

Il y a quelque chose de touchant chez le Croco, c'est l'impression qu'il nous donne de lire avec application chaque soir des livres avec des mots savants pour pouvoir nous épater le lendemain matin. Ainsi a-t-il écrit au responsable du SAV : "On va travailler la mitigation du risque de breakdown." Je brunchais hier (moi aussi je connais des mots anglais) avec deux amies : l'une, infirmière, m'a regardé interloquée lorsque j'ai cité la phrase tandis que l'autre, qui manipule comme personne des tableurs Excel compliqués pour une société américaine, a bien reconnu l'expression anglo-saxonne "to mitigate the risk". A la première, j'ai expliqué qu'en gros, la chose consistait à ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Je proposerais donc volontiers au Croco de nous demander de ne pas "put all the eggs in the same basket." C'est comme cela que doit s'exprimer la French Tech, celle qui a un coq comme emb...

Les perles du Croco (1)

Je vous propose une mini série (ou maxi, l'avenir nous le dira) reprenant les citations de mon chef, dit "le Croco" eu égard à sa grande gueule et ses petits bras comme vous vous en rappelez certainement. En voici déjà une et je tiens à préciser que je respecte scrupuleusement tant son orthographe que sa ponctuation : "Sujet pas évident avec client pas évident. C'est le business ! on va être vigilent dans nos réponses"

La surintendante des personnels n'est plus

Ma chère bonne, Du temps de feu l'ancien Roi, toute la Cour espérait la disgrâce de la surintendante des personnels. Si la dame avait su profiter de la fin du règne précédent pour sauver sa charge, elle n'a pu trouver grâce aux yeux du nouveau monarque. Bannie du royaume à la fin de janvier, la pauvre âme est désormais exilée en ses terres et ne reparaîtra point à la Cour. Tout cela s'est fait à bas bruit, sans tambour ni trompette. Nous sommes décidément peu de choses, à disparaître ainsi sans plus de remous que n'en fait un caillou dans l'eau. J'ai croisé par deux fois sa remplaçante, dont nous ne savons pas même le nom. Il paraît qu'elle n'est là que pour peu de temps. Peut-être est-ce pour cela qu'elle évite soigneusement tout contact avec la Cour, se limitant à nous saluer de loin lorsque nous la croisons. A moins qu'elle ne nous sache déjà condamnés et ne nous croit contagieux ?

L'année commence bien

L'année commence bien, avec une réunion de rentrée pour l'ensemble de l'effectif dans un très joli cinéma flambant neuf. Ouverture par Muse (concert de Wembley), aussi éclatante que les trompettes d'Aïda mais plus adaptée à la volonté du Président tout neuf de nous indiquer que les prochains mois vont être "rock'n roll mais pas à la papa"... Comprenez : "ça va saigner" (confidence du Directeur Général le lendemain dans le calme ouaté de son bureau à M. X, lequel est de mes bonnes relations). Heureusement, j'ai passé trois semaines la tête en bas, avec des kiwis (si mignons), des otaries (si moustachues), des dauphins (si bondissants) et des manchots (si timides). Toutes ces plumes et ce poil m'ont tout ragaillardi et si je ne doute pas que tous ces grands chefs auront ma peau, j'espère bien la leur vendre fort cher...

L'art du management : réorganisation de service

Le manager : "Dis-donc Jacques, tu as fait ton service, toi ?" Jacques : "Oui..." Le manager : "Bon, dans ce cas, tu prends la Défense."

Tout cela me donne du vague... à l'âme

Vous rappelez-vous le délicieux "la route est droite mais la pente est forte" de Jean-Pierre Raffarin ? Oui ? Alors ce qui suit va vous rappeler l'époque bénie des raffarinades. Dans les jours qui ont suivi la "démission" de notre PDG, j'ai eu un rendez-vous téléphonique, calé de longue date et sur un tout autre sujet, avec un éminent représentant de Machin, l'un de nos deux actionnaires. Sitôt le cérémonial du "comment-allez-vous-très-bien-et-vous-même" accompli, le voilà qui me cueille d'un "alors, comment vit-on chez Chose le départ de Truc ?" Figurez-vous que, dans ma grande naïveté, je ne l'avais pas vu venir avec ses gros sabots. Ou alors c'est ma myopie, enfin j'ai de toute évidence un truc qui cloche. En retour j'énonce des banalités convenues : quelques inquiétudes et interrogations somme toute assez prévisibles en la circonstance et bla bla bla... Le voilà qui place alors le discours qu'il avait t...

Tentation

Hou là là mais le temps file à toute vitesse : que se passe-t-il donc dans mon "égorgerie", comme l'a baptisée mon frère ? Et bien la semaine dernière, comme souvent, nous avons eu un message du service RH nous signalant une voiture grise (dont je tairai la marque pour ne pas faire de publicité aux luxueuses berlines allemandes) mal garée (enfin plutôt "mal garer" selon l'orthographe incertaine en vigueur chez nous) que son propriétaire serait avisé de déplacer. Ni une, ni deux, notre nouveau Président a fait une "réponse à tous" (effectif France, prestataires inclus) pour signaler que Et non la mienne est blanche et tjrs bie N garée (sic) J'ai été tenté de répondre "à tous" moi aussi qu'il valait mieux l'avoir blanche et bien garée que black et d'équerre. Mais je me suis retenu.